Etablissement secondaire du Belvédère de Lausanne



C’est le 17 juillet 1947 que la commune de Lausanne achète la Campagne de la famille Brandenbourg à Tivoli, couvrant une surface de vingt-cinq mille mètres carrés, pour un million de francs.
Marc Piccard remporte, en 1949, le concours d’architecture ouvert par la Municipalité.
Le 18 janvier 1952 marque le début des travaux, par la démolition de la propriété des Brandenbourg.
Moins d’un an après l’ouverture de l’École supérieure de jeunes filles, c’est, le 30 mai 1956, l’inauguration du collège secondaire du Belvédère, avec des classes mixtes.
En 1981, le Belvédère fête ses 25 ans.
Du 23 juillet au 1er août 1982, cinq élèves de 9C1, accompagnés de Mademoiselle Junod, effectuent un voyage au Sénégal.
1986 voit la création de l’Établissement secondaire du Belvédère, dont font partie les bâtiments des Croix-Rouges et de Montoie.
Du 5 au 20 octobre 1992, dix élèves de l’option de dessin, accompagnés par Monsieur et Madame Gallay, font un voyage en Chine.
Rentrée 2001, Monsieur Michel Trolliet remplace au poste de directeur Monsieur André Demaurex.
ILS ETAIENT ELEVES AU BELVEDERE…
Pierre-Alain Gailloud
élève au Belvédère de 1974 à 1978, y enseigne depuis 1986
Je me souviens… des odeurs
Je me souviens de l’odeur des petits matins sur le chemin de l’école…
Je me souviens de l’odeur des longs couloirs de l’école…
Je me souviens de l’odeur des salles de sciences et d’arrêts de l’école…
Je me souviens de l’odeur sucrée des premiers baisers de courses d’école…
Aujourd’hui, je me souviens que je suis toujours à l’école !
 
     
Viviane Frey-Dorthe
élève au Belvédère de 1974 à 1980, y enseigne depuis 1987
Je me souviens de ma première impression en voyant le Collège du Belvédère. C’était au printemps 1974, lors des examens d’admission. J’ai été éblouie par la beauté des lieux, la vaste cour ombragée, la pièce d’eau enjambée par le petit pont et la vasque en forme de coquillage… Je me suis juré de toujours travailler du mieux que je pourrai si j’avais la chance d’être élève au Belvédère.

Pendant mes six ans de collège, je n’ai cessé d’apprécier cet endroit. Petite fille très romantique, je déambulais lentement sur la piste cendrée en laissant traîner une longue robe imaginaire. Plus tard, étant rentrée dans le bâtiment II, j’étais toujours fascinée par les horloges indiquant les heures dans plusieurs pays du monde. J’imaginais qu’il faisait nuit de l’autre côté de la Terre…

Vers la fin de notre scolarité, mes amies et moi abandonnions la cour de récré aux “petits” et allions rêver, assises sur le muret de l’ex-salle de rythmique, devenue la bibliothèque. Les plus libérées se laissaient conter fleurette dans le réfectoire, qui se trouvait à l’époque dans le pavillon en bois.

Le “certif” en poche, je me suis promis de revenir au BV. C’est chose faite !
 
 
Jean-Michel Savary
élève au Belvédère de 1968 à 1975, y enseigne depuis 1984
En ce lundi 24 août 1984, jour de rentrée scolaire, alors que le BV se dressait devant moi, plus inaccessible et terrifiant que la face nord de l’Everest à escalader avec des palmes et en bermudas à fleurs, je méditais sur la terrible épreuve qui m’attendait: tout flageolant et suant, j’allais devoir, comme nouvel enseignant, franchir le seuil de la salle des maîtres et y rencontrer mes nouveaux collègues qui avaient été, pour la plupart d’entre eux, mes anciens professeurs.

Alors que j’étais élève, cette salle des maîtres avait toujours revêtu l’image d’un lieu mystique où les professeurs se livraient assurément à quelques messes noires; je les imaginais proférant des incantations divinatoires contre certains élèves, ou encore plantant sardoniquement des épingles dans des poupées à l’effigie de leurs cancres les plus indisciplinés. Ce lieu, temple redouté et inaccessible aux élèves, avait toujours excité mon imagination: ce devait être assurément quelque purgatoire terrestre où les enseignants, grands prêtres de l’éducation, discouraient des châtiments qu’ils infligeraient à leurs ouailles pour qu’ils expient leurs incartades, paresse et ignorance. La scène se dessinait plus clairement encore à mes yeux: réunis en cercle autour du Directeur, dieu omnipotent, ils devaient brandir nos carnets semestriels en réclamant auprès du Tout Puissant (il s’agissait de M. Demaurex) tous les feux de l’enfer pour leurs brebis égarées.

Tous ces souvenirs remontaient à la surface alors que je m’approchais de cette salle pour ma première conférence des maîtres. Prenant mon courage à deux mains et me demandant quel sort serait réservé aux nouveaux enseignants, j’ouvris la porte de ce “temple”. Quelle ne fut pas ma surprise d’être tout de suite accueilli par mon ancien prof de latin qui s’adressa à moi en ces termes: “Salut à toi et bienvenue comme nouveau collègue, viens donc vite boire un verre !”